• PAYSAGE, agriculture et modernisation

    PAYSAGE, agriculture et modernisation  

    De la subsistance à la surabondance

    - histoire abrégée de notre agriculture -

                                                                   Edito

    En milieu rural, on parle d’agriculture et de sylviculture pour organiser, gérer le territoire et survivre dans le paysage. Le paysage, c’est lui qui fait de l’homme ce qu’il est, qui crée des sociétés et des cultures.  Au début, tout paysage est un environnement hostile à l’activité des hommes. C’est une lutte contre les éléments avant de devenir un équilibre subtil et précaire, c’est un acte profondément culturel qui évolue et se distingue selon les civilisations. En Europe, chaque habitant de ce paysage est donc le reflet de cet environnement et « des combats » qu’il y a menés « contre lui ». Des matériaux de construction, des essences d’arbres choisies aux caractères des habitants, le paysage traduit les gens qui le vivent. C’est donc la difficulté de vivre sur un territoire qui fera, au fil des générations, la robustesse de ses individus, c’est sa sauvagerie, son isolement qui les fera farouches, c’est sa quiétude qui les destinera sereins. Ce sont les peurs qu’il génère qui créeront les mythes puis les croyances. C’est l’homme qui façonne le paysage pour y survivre mais c’est le paysage qui forgera l’homme à son image.

     L’agriculture et la sylviculture, leurs méthodes de gestion, la philosophie de la terre sont dans les régions rurales, en Gaume, donc à Saint-Léger profondément culturelles.

     Au fil des siècles, en exploitant ce paysage, ce territoire par l’agriculture, la sylviculture ou l’urbanisme, nous influons sur notre environnement, nous modifions nos ressources naturelles, mais peut-être brouillons-nous également notre identité culturelle ? Pensons à l’intensification des modes de gestion de nos ressources locales, à leur standardisation. Regardons autour de nous, la banalisation de ce paysage traduit le détachement de l’homme par rapport à cet environnement qui nous est pourtant si proche. Nous sommes dans un écrin de verdure, détenteur d’un patrimoine naturel riche mais sommes-nous conscients de son devenir ?   

                     Pourtant, savons-nous encore ce que traduit notre paysage ? Savons-nous encore le lire, déchiffrer ses formes, interpréter les courbes de nos cuestas ? Mesurons-nous la richesse de cet héritage ?

                                                                  Ludvine Hissette

     

    Extrait du support de visite de l'Exposition:" Paysage, agriculture et modernisation",

     Ed. Bibliothèque "A Livre Ouvert", Sept. 09